| Sommaire
LAFEA |
Village alternatif 2000 - Editorial | ||||
| Editorial Expositions Débats Histoire Concours Associations |
«L’ECONOMIE PRIME-T-ELLE SUR LES DROITS DE LA PERSONNE?»
Nous savons tous que notre société
est entrée dans une zone de turbulences où l'économie est devenue l’outil
du profit. Elle se développe vers la mondialisation au détriment d'une
économie de proximité. Elle oublie sa raison d'être, son histoire
et les personnes qui ont lutté pour la modeler à une échelle humaine et
respectueuse de l'environnement. La personne ne peut être réduite au
seul service de l'économie. Cette dernière avait pour mission de transformer
le monde, au meilleur coût, avec le minimum de moyens possibles, tout
en respectant les aspirations humaines et leurs besoins. Depuis de nombreuses années des dysfonctionnements
graves apparaissent là où l'instabilité de l'emploi et le chômage ont
apporté la misère sociale. Continuellement les Droits de la personne sont
bafoués au détriment du profit. Combien de fois avons-nous été mis devant
le fait accompli par nos autorités, malgré nos luttes continuelles? D’autre part, l’économie mondiale ne
parvient pas à guérir de l’instabilité monétaire, mal qui la ronge, et
de la facilité avec laquelle l’argent se déplace sans contrôle et sur
le dos de la plus grande partie de la population de cette planète. C’est pourquoi, proposer une meilleure
gestion de l’environnement aux politiques de développement durable, ne
pas focaliser des projets sur des critères exclusivement économiques,
imaginer le monde vivant avec des principes socialement et écologiquement
équitables: est un défi formidable à relever. Le Village Alternatif voudrait modestement
contribuer à trouver des moyens et stratégies pour atteindre une économie
solidaire et humaine de proximité, basée sur les principes de partage
des richesses et développement durable. Afin de permettre un parcours plus
aisé dans ce sujet difficile, nous vous proposons de vous le présenter
autour de cinq mots-clefs: l’éducation, l’éthique, les Droits, la société
et la solidarité. Du Village à la Maison des Associations:
un enjeu politique et social Droits de la personne et des peuples,
défense de l'environnement, promotion de la paix et du désarmement, développement
durable... tels sont les quatre thèmes autour desquels se regroupent les
associations dites socio-politiques, qui informent, proposent, revendiquent
et agissent tous les jours pour un monde meilleur... Le projet de la Maison des associations
socio-politiques, développé depuis trois ans par la Fondation pour l'Expression
Associative, permet de répondre aux besoins d'économies, de synergies
et d’échanges du monde associatif. Sous la forme d'un ensemble de bâtiments,
situés en plein centre-ville, la Maison propose des bureaux, des arcades,
des salles de conférences, un centre de documentation, un restaurant associatif,
etc. Plus qu'une simple maison, elle représentera
un lieu vivant et animé, fourmillant de projets associatifs divers et
foisonnant d'activités socio-politiques; un lieu d'insertion sociale. L'idée de cette aventure a pour origine
le Village Alternatif. La nécessité de perpétuer cet échange associatif
au-delà des cinq jours du Salon du Livre s’est fait jour. Il s’est alors
agit de trouver un lieu permanent pour y installer le concept, jusque-là
«nomade» du Village Alternatif. Afin de garantir la plus grande stabilité
possible aux créanciers et donateurs, la Fédération s'est transformée
en une fondation de droit privé le 26 janvier 1999. Une structure démocratique La structure juridique de la Fondation,
définie par les futurs locataires en Assemblée Générale, est dotée de
«verrous démocratiques». Fondamentaux, ils suppriment les risques
potentiels de voir le Conseil de fondation s'éloigner des buts originels
du projet. L'originalité de ces articles «verrous» consiste à offrir une
grande place au Comité des locataires. Les délégués des associations ont
ainsi la possibilité d'approuver les nouveaux membres choisis par le Conseil
de Fondation, d'agréer au préalable toute modification des statuts, d'avoir
un représentant au sein du Conseil de Fondation, d'accepter ou non les
nouveaux locataires. Les utilisateurs non locataires de la Maison des
associations ont également leur représentant au Conseil de fondation. Cette structure démocratique a l'avantage
de garantir la stabilité exigée pour la gestion d'un tel projet tout en
donnant la parole aux principaux intéressés. Les acteurs Outre le Conseil de fondation, la structure
de la maison des associations est composée du Comité de locataires et
de la plateforme des utilisateurs de la Maison, structures fondamentales
à l'expression des associations. Sans oublier les partenaires de la Fondation,
dont la collaboration est étroitement liée au bon déroulement du projet. Finalisation du projet Depuis le départ du chantier de la
Maison des associations, bien de l’eau a coulé sous les ponts. Ce projet
a nécessité un travail de titan pour le réaliser. Que ce soit dans les négociations avec
les propriétaires pour l’acquisition des bâtiments ou avec les politiques,
il a fallu continuellement faire face, à ce que certains perçoivent comme
un manque de crédibilité du monde associatif. Venant de la part des milieux économiques
l’inquiétude était peut-être compréhensible, mais de la part de politiques
élus et propulsés par le monde associatif, il est juste de se poser quelques
questions. Il a fallu beaucoup de patience et
de persévérance pour que finalement on octroie un droit de superficie
des deux principaux immeubles à la Fondation pour l’expression associative.
Le débat a été long et trop souvent des réflexions critiques ont été formulées
à l’égard des associations sans tenir compte de leur réalité. Actuellement, la Maison est déjà à
moitié réalisée et 54 associations ont pris place dans ses murs. Ce qui
manque encore est l’aménagement des salles principales et d’un restaurant
associatif. D'autre part, la dernière partie des
bâtiments nécessaires au projet n'est toujours pas acquise. En effet,
sans le rez-de-chaussée et le premier étage de l'immeuble 11-17 Savoises,
nous ne pourrons pas avoir des arcades, l'entrée principale et le restaurant
associatif. La situation est délicate car une promesse
d'achat a été signée qui engage la Fondation pour l'expression associative
jusqu'à fin mai 2000. Il faut souligner en passant le courage
des membres du Conseil de Fondation d'avoir pris de tels enjeux financiers
en signant des engagements sans forcement avoir les fonds afin de mettre
sur pied cette Maison des associations à Genève. Crise? Les négociations n'ont pas cessé depuis
le départ du projet en 1996 et dans cette phase finale certains politiques
font la fine bouche, d'autres sont exacerbés par la pression qui est exercée
sur eux pour finaliser le projet. Dans cette dernière ligne droite, nous
constatons que les efforts se font dans des directions différentes, voire
opposées. La difficulté actuelle du monde associatif
est de faire comprendre qu'il est déplacé de faire une «OPA» sur cette
maison en échange de moyens pour obtenir
les derniers locaux et de fonds nécessaires pour finaliser l'opération. Un projet de ce type ne peut exister
à long terme que si le monde associatif le gère indépendamment et a les
moyens de le faire vivre. L’Etat doit venir en partenaire et non pas
en tuteur. L'indépendance politique est nécessaire
à l'essor des réflexions qui vont se concrétiser à l'intérieur de ces
murs. L'enjeu est de taille pour les associations,
les représentants de la Fondation qui gère le projet, les politiques et
les collectivités publiques. Un équilibre doit être trouvé qui garantit
l'autonomie du projet tout en rassurant les collectivités publiques. La main mise qui se prépare et les
coups de hache donnés par certains n'est pas acceptable. La Fondation
doit absolument consolider le pont entre le social et le monde politique. |
||||