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Village alternatif 2000 - Expositions

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  • «Tibet: du rêve d’hier à la réalité d’aujourd’hui»

Le Tibet des magazines existe-t-il? L’engouement récent pour le Toit du monde a engendré une kyrielle de photos dont certaines d’une indéniable beauté. Montagnes étincelantes, visages burinés et typés, enfants rieurs, monastères majestueux et paisibles se disputent notre intérêt. Tout est fait pour nous faire aimer le «Pays des neiges», voire nous y attirer. Son indéniable magie ne doit pas nous faire oublier que ce Tibet-là est celui de nos rêves et de notre soif d’absolu.

Sur place, la réalité est bien différente. Nous sommes très loin des images splendides contemplées avant le départ. Dans les villes, place à l’urbanisation à la chinoise, aux infrastructures économiques et militaires, aux routes encombrées de camions, au triomphe du verre, du béton et de l’acier. Une succession de commerces, de bars et de bâtiments officiels sans grâce signent le triomphalisme des colonisateurs, là où le rêveur occidental s’attendait à trouver authenticité et harmonie. En zone rurale, casernes, industries, rubans d’asphalte interminables et points de contrôle rappellent que le pays est occupé par un peuple aux coutumes fort différentes. Exploitation abusive des ressources naturelles, déforestation catastrophique et pollution montrent que l’occupant chinois se soucie bien peu de préserver ce qui pourrait encore rappeler le Tibet d’antan.

Seule la manne touristique a permis à certains sites d’être épargnés, ou certains monastères d’être partiellement rénovés. C’est ce pays-là que l’on cherche à vous montrer dans la propagande généreusement distribuée à l’étranger ou dans les brochures touristiques chinoises. N’oubliez pas que les agences de voyage sont des organismes d’état, quand l’armée n’en est pas propriétaire!

Quant au Peuple tibétain, les visages souriants des cartes postales s’estompent bien vite si l’on sait y voir. Une atmosphère lourde, faite de suspicion, d’inquiétude, de crainte et de tristesse transparaît dans le regard lancé au voyageur qui veut en savoir plus.

Mais il y reste aussi de l’espoir. Se dire que notre lutte pour les droits des Tibétains et pour leur liberté préservera la part de rêve qu’est le Tibet pour l’humanité.

Les photographies présentées dans cette exposition veulent vous montrer ce que nous avons déjà perdu, mais aussi ce que nous pouvons encore sauver, et peut-être un jour retrouver...

Tibet Démocratie

  • Terra: les photos de Salgado parlent pour le droit à la terre

Avec ces photographies noir et blanc, Salgado nous offre un véritable manifeste pour les paysans sans terre du Brésil. Des portraits de souffrances, mais aussi d'une digne insoumission.

Sebastiao Salgado, né en 1945, originaire du Minas Gerais, se destinait à la carrière économique. Fonctionnaire au Ministère des finances de Sao Paulo, il se perfectionne ensuite à Paris avant de travailler à Londres, de 1971 à 1973 pour l'Organisation internationale du café. C'est dans le cadre de cette institution qu'il découvre l'Afrique et commence à photographier. Très vite, il sait que, pour proposer des solutions à la situation du Tiers Monde,s il faut d'abord témoigner. L'appareil photo sera l'instrument de cette conscience, de cette volonté militante qui va faire de Salgado un photographe «concerné», engagé.

Un photographe humaniste et l'humanité photographiée

Après d'autres collaborations, il entre à l'agence Magnum en 1979. Dès lors, il développe sa grande fresque photographique consacrée aux paysanneries du continent latino-américain. Entre Mexique et Brésil, des regards et des situations, des instants suspendus et des espaces pour les recevoir, de lumières dures en ciels plombés. Une vision qui fait voisiner la misère et la tendresse, des lumières qui dramatisent les infimes instants de la vie quotidienne et, déjà, les hommes au travail.

Militant et généreux, Salgado veut absolument réconcilier esthétique et information, esthétique et engagement, esthétique et politique. Salgado veut révéler, souligner, donc faire prendre conscience. Mais aussi garder trace, renvoyer à l'histoire, à la mémoire. Il regarde le monde comme un réservoir ininterrompu d'images signifiantes. Il veut produire du sens plus qu'il ne recherche une quelconque vérité, au nom d'une foi fondamentale en l'homme.

Et, parce que ses choix sont clairement déterminés, il poursuit le vieux débat sur l’esthétique et le politique. Pour dire que, de l'économie aux images, tout est politique.

Sebastiao Salgado fait partie de ces hommes rares dont les images préservent la dignité de ceux qui sont photographiés et de ceux qui les regardent. Ses photographies n'enferment pas notre perception du monde dans ses propres clichés, entretenus par des milliers d'autres photos, mais nous apprennent ce que veut dire garder l'oeil ouvert.

  • Terre des Hommes Suisse et l'exposition «Terra»:

Terre des Hommes Suisse - Genève s'engage «pour l'enfance et un développement solidaire». Ce slogan résume bien le double objectif que s'est fixé ce mouvement. D'une part, intervenir directement sur le terrain, dans le Tiers Monde, pour venir en aide à des enfants et des jeunes particulièrement défavorisés et leur permettre de se construire un avenir meilleur. D'autre part, sensibiliser chez nous la population, en particulier les jeunes, pour promouvoir plus de solidarité dans les relations Nord-Sud.

Cette sensibilisation du public aux réalités du Tiers Monde et à l'interdépendance Nord-Sud est donc une priorité. Le soutien et la diffusion de l'exposition de photographies de Sebastiao Salgado dans de nombreux lieux publics, et aujourd'hui au Village Alternatif, est l'un des moyens de promouvoir cette éducation à la solidarité.

Terre des Hommes

  • Autour du livre d’art

L'API et l'Association Lettres et Images réunissent leurs forces depuis 1998, sur le site de la rue du Vuache.

• L'API se chargeant de réhabiliter l'enveloppe du bâtiment.

• Lettres et Images réhabilite une chaîne typographique complète qu'elle met à disposition des créateurs et du public.

L’Association Lettres et Images, ALI, a été fondée en 1998 à l’occasion des manifestations «150 ans de l’Etat fédéral - 150 ans de patrimoine industriel». Elle représente le projet permanent de patrimoine industriel du Canton de Genève.

ALI a pour vocation de préserver et de promouvoir à Genève les techniques d'impression et les pratiques qui ont fait la réputation de cette ville depuis 1478, en les mettant au service de la création et de l’édition d’art. Elle est active tant au niveau de la ville que de la région; elle contribue également au rayonnement international de la tradition locale de l’imprimerie, ceci à travers les dernières technologies informatiques - Internet en particulier.

Ses ateliers ne sont pas ouverts aux seuls professionnels, mais à tous les publics. Ils accueillent notamment les enfants des classes primaires, dans le cadre du programme «L’Art et l’Enfant» organisé par le Département de l’Instruction Publique. Nous mettons à la disposition de tous notre collection unique de machines: presses typographiques, monotypes, linotypes, ainsi que nos ateliers de composition. Cet ensemble représente 100 tonnes de machines réparties sur plus de 1’000 m2.

Depuis le mois de mars 2000, ALI propose à une dizaine d’artistes découvrant l’ensemble des techniques d’impression en relief et la composition manuelle au plomb, de réaliser chacun un «Livre d’artiste». Ces travaux, exécutés dans nos locaux et avec notre équipement, feront l’objet d’une exposition lors du prochain Salon du Livre.

Lettres et Images

L’Association pour le Patrimoine Industriel, a été fondée en 1979.

Depuis sa création elle a joué un rôle central dans le cadre des manifestations «150 ans de l’Etat fédéral -150 ans de patrimoine industriel».

Elle a contribué à permettre au public de se familiariser avec le patrimoine industriel régional et a attiré l’attention des autorités sur la nécessité de conserver vivant notre patrimoine industriel et technique.

Association pour le Patrimoine Industriel

Déraciné

  • Le vol de biens culturels au Burkina Faso

«Sans masques nous sommes comme un arbre sans racines.»
Adama Millogo, Griot des Bobo-Fing

L'idée de dérober des objets d'art est presque aussi ancienne que celle de les créer. De nos jours, le pillage de biens culturels relève surtout d'initiatives privées et sert à l'enrichissement de particuliers. Le trafic des biens culturels figure au deuxième rang mondial derrière le trafic de drogue. La Suisse est particulièrement concernée par ce commerce illégal car les objets provenant de l’Afrique y sont très à la mode.

Le trafic d'oeuvres d'art fait souvent l'actualité, mais on a moins souvent l'occasion d'entendre les victimes. L'exposition «Déraciné» est le résultat d'un long travail interculturel. De nombreux experts locaux ainsi que des victimes de vol de masques ou de fétiches ont participé volontairement à cette enquête. Ils voulaient par là exprimer leur intérêt autant que l'urgence de résoudre ce problème. Le sculpteur Tankien Konaté résume le problème de la façon suivante: «Nul moyen n'est plus efficace dans l'oppression d'un peuple que d'anéantir sournoisement sa culture et ses croyances. La pauvreté matérielle et culturelle est à l'origine de la dépendance et de la perte de confiance. Si l'on ne met pas fin à ce pillage, notre culture sera vouée à disparaître».

Le roi des Gan, un peuple qui a perdu presque tout son patrimoine culturel dit: «Ces objets - que vous considérez comme des objets d'art - sont, pour nous, des objets de culte. Nous ne les exposons pas pour faire joli, pour décorer, mais nous les utilisons dans les rituels, sacrifices, prières, invocations que nous adressons à ce que nous considérons comme l'esprit suprême. Ainsi, ce n'est donc pas l'objet lui-même ou sa dimension esthétique qui importe, mais bien son rôle de support pour la pensée. Vous pouvez dès lors imaginer le vide immense qu'entraîne la disparition de ces objets.»

L'unique collection de photo de Patrick Darlot qui anime cette exposition a été réunie pendant ses nombreux séjours au Burkina Faso.

  • Apprendre de la mer

Qui n’a jamais ressenti la puissance de la mer? Utiliser cette force dans un projet éducatif, offrir la mer comme terrain d’apprentissage à des adolescents de 12 à 16 ans, tel est le but de 1000 Sabords. Cette association sans but lucratif a été fondée en mars 1997 par un groupe d’amis autour de Jean-Claude Fleuret, homme passionné à la fois d’éducation - 25 ans d’enseignement dans les écoles genevoises - et de voile - marin de longue date et d’expérience.

L’idée est que des acquisitions d’ordre scolaire comme des apprentissages de vie sont stimulés grâce à une expérience forte où se mêlent l’aventure concrète et l’aventure intérieure. Exigeant responsabilité personnelle et solidarité, la vie sur un bateau mène les jeunes face à eux-mêmes, en situation de réflexion et de distanciation, et renforce leur personnalité. Le dépaysement, les découvertes et les rencontres sont des moteurs dynamiques et utiles tant pour le court terme - réussite de l’année scolaire qui n’est pas interrompue - que pour l’avenir des jeunes mousses.

Le 28 septembre 1999, sept adolescents de 12 à 16 ans sont ainsi partis pour un périple atlantique de huit mois sur Drisar III, ketch de 16m50 en acier, ancien bateau écolo hollandais. Pour ce troisième voyage, Jean-Claude Fleuret est entouré de deux autres adultes. Des spécialistes les ont rejoint  selon les escales: vulcanologue, biologiste, cétologue, ornithologue. Retour: mai 2000.

On peut suivre le voyage à l’adresse Internet: www.1000sabords.ch; ou chaque mois à la Radio Suisse Romande - La Première dans l’émission «La Smala», samedi matin et lundi soir; ou encore grâce au journal de l’expédition Boomerang.

Depuis sa création, le projet a pu se réaliser grâce aux efforts de tous, skipper, accompagnants, parents, bénévoles, amis. Pour assurer le suivi de l’aventure et ouvrir des possibilités à d’autres jeunes, l’association 1000 Sabords désire se faire connaître plus largement.

1000 Sabords

  • Tibet: gare au révisionnisme chinois!

«Révisionniste: partisan de l’histoire, tendant à nier ou à minimiser le génocide des Juifs par les nazis»

N’est-ce pas du révisionnisme que de prétendre que «le Tibet fait partie de la Chine depuis le XIIIe siècle», alors que le Tibet était une nation absolument indépendante avant son invasion par la Chine? N’est-ce pas du révisionnisme que de parler de «libération pacifique», alors que cette annexion par la force a causé la mort de plus d’un million de Tibétains depuis 1959? N’est-ce pas du révisionnisme que de prétendre que «plus de 95% de serfs et d’esclaves ont été affranchis de la dictature des moines et des aristocrates», alors que la population tibétaine est à 100% asservie par les colons chinois? N’est-ce pas du révisionnisme que de prétendre que «la population tibétaine a plus que doublé en 40 ans» alors que les Tibétains dénoncent les stérilisations et avortements forcés, le génocide et la «solution finale» qui consiste à noyer le peuple tibétain sous l’afflux des colons chinois?

N’est-ce pas du révisionnisme que de prétendre que «depuis la libération pacifique du Tibet, le gouvernement chinois respecte et protège le droit des Tibétains à la liberté de la croyance religieuse», alors que plus de 6’000 monastères ont été détruits et que les moines sont systématiquement persécutés? N’est-ce pas du révisionnisme de prétendre que «par rapport à l’ancien Tibet, les droits de l’homme dont le Peuple tibétain jouit aujourd’hui sont incomparablement meilleurs», alors qu’il suffit de crier «vive le Tibet libre!» ou d’exhiber le drapeau tibétain pour être emprisonné et torturé parfois à mort? N’est-ce pas du révisionnisme que de prétendre «respecter le système de réincarnation du bouddha vivant», alors que le petit panchen lama reconnu par le Dalaï Lama a aussitôt été enlevé et que des rumeurs courent sur sa mort? (à l’âge de 10 ans, après 5 ans de détention!)

Ces citations sont tirées de publications chinoises consacrées au Tibet… L’exposition montée par le Comité de Soutien au Peuple Tibétain a pour but de mettre en garde le public face à cette propagande révisionniste, en lui opposant des constats, des chiffres et des témoignages irréfutables.

Comité de Soutien au Peuple Tibétain

  • «Skate Rebel».

Cette exposition de photo-collages provient de la banque d'images alternative: www.jjkphoto.ch.

Cette banque d'images a pour but d'aider les associations, luttant pour un monde plus juste, à illustrer leurs publications, articles, affiches etc… ceci gratuitement! pour tout le monde qu'on se le dise! Les photos sont facilement téléchargeables.

Ce site se visite aussi comme une galerie, reflet de notre temps.

jjk

  • Dire avec les mots

Chacun ose et tous clament... Pour ce lieu de rencontres deux maîtres à penser: George Bataille,  Antonin Artaud.

Qui comprennne nous suive...

Espace d'exposition: expo d'affiches-poème, site Internet, rencontre avec les écrivains, vidéos. Sujets: littérature et économie.

Sur 4 mètres carrés:

Œuvre collective de l'Atelier Vivant :

«Le récépissé et sa valeur!»

Une association qu'on dit à but non lucratif doit pour exister respecter certaines règles... Pour avoir la parole et la donner à ses membres elle doit survivre... Il faut payer son dû ou alors fermer sa gueule... avant que d'autres imposent leur loi, la loi de l'économie: t'as du fric!

Atelier Vivant

  • «Par-ci, par-là» Genève et le Pérou, deux mondes en écho

A travers la vidéo, la musique et l'image, cette exposition de la Fédération genevoise de coopération (FGC) soulève des questions qui transcendent les divisions Nord-Sud, riche-pauvre et amène à une prise de conscience de certaines réalités qui, parfois, ne sont pas si différentes. Elle cherche à toucher le cœur aussi bien que la tête et comporte trois parties:

«Par-ci, par-là»

Des images vidéo symbolisent le quotidien à Genève et au Pérou. Ressemblances, similitudes, différences: où sont les frontières?

«Entre privilège et pauvreté»

Cette partie aborde le thème du VIH/sida par le témoignage filmé de personnes séropositives vivant en Suisse et à travers un outil de prévention utilisé dans des bidonvilles au Pérou par l’association Kallpa.

«Entre tradition et perversion»

Ce troisième volet ne prône ni l'éradication violente de la culture de la coca ni le développement sauvage de cette culture pour la production de la drogue, avec toutes les conséquences sociales, économiques et environnementales que cela implique dans les nouvelles zones de production et dans les pays de consommation.

Il présente une alternative possible à la production de plantes de coca au Pérou à travers un projet de l’Association «la Florida», financé par le biais de la FGC par le Fonds «Drogue ou Développement» de l’Etat de Genève.

Fédération Genevoise de Coopération

  • Nous familles moteur de l’économie

La famille, chacun le sait, participe aux processus de production et de consommation du circuit économique d’un Etat. Après analyse des chiffres, le poids des familles s’avère plus important qu’on ne peut l’imaginer. Elles sont par leur nombre un poids lourd du circuit économique national. Ainsi la moitié des actifs ont des enfants et leurs salaires, donc une bonne partie de leur consommation totalise à une bonne moitié du revenu national (plus de 100 milliards de francs). Il est indéniable que les familles par leur consommation, leur travail rémunéré et leur travail domestique et familial sont de fait le moteur de l’économie.

Une évidence saute aux yeux. Sans les ménages l’économie nationale est ramenée à sa partie congrue.

Nous vous invitons à venir voir notre exposition. Vous y découvrirez notamment les flux financiers des ménages ou leurs contributions gratuites à la société ainsi que leur rôle et leur importance dans le circuit économique.

Mouvement Populaire des Familles

  • Les droits bafoués du Peuple palestinien

L'existence de trois millions six cent vingt-cinq mille cinq cent nonante-deux réfugiés palestiniens n'est ni une question, ni un problème, c'est une intolérable réalité faite d'autant de personnes dont la dignité est bafouée, le droit au retour nié, l'espérance étroitement emprisonnée, les droits économiques, sociaux et culturels strictement limités dans les pays d'accueil. Il n'y avait pas la télévision en 1948 pour offrir au monde les images bouleversantes de quelque 900’000 hommes, femmes, enfants, vieillards jetés sur les chemins de l'exode chargés de ce qu'ils avaient ramassé, à la hâte, en quittant leur foyer. Beaucoup avaient pris la clé d'une maison qu'ils avaient soigneusement fermée mais que ni eux, ni leurs descendants, ne rouvriront jamais parce qu'elle a été détruite ou occupée depuis 50 ans par d'autres locataires, et que de toute façon ils n'ont jamais eu le droit de revenir chez eux.

Le cas est certainement unique au monde: le chiffre des réfugiés palestiniens de 1948 est aujourd'hui précis à l'unité près. En effet, l'UNWRA les a recensé dès le début et en a, depuis, tenu le compte avec une rigoureuse exactitude. Cette institution a été établie par la résolution 302 (IV) du 8 décembre 1949 de l'Assemblée générale des Nations Unies en vue de mettre en œuvre des programmes d'aide et de travaux pour les réfugiés palestiniens.

Les opérations de l'Agence ont démarré le 1er mai 1950, donc voici exactement 50 ans. L'ASSP a saisi cette occasion pour illustrer, par une exposition au Village Alternatif, les conditions d'existence des réfugiés au cours d'un demi-siècle d'exil imposé.

L'UNWRA est le sigle de United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East (en français: Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient). Ces réfugiés de 1948 et leurs descendants sont originaires de ce qui est devenu entre temps l'Etat d'Israël. L'Assemblée générale des Nations Unies par sa résolution 194, affirme solennellement le droit au retour et à compensation des réfugiés. Israël a toujours ignoré cette résolution, maintes fois réaffirmée et qui ne fait que reprendre un principe figurant expressément dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans la IVème Convention de Genève, dont la Suisse est la gardienne.

Le retour dans leurs foyers d'origine des réfugiés, dont le nombre est en constante augmentation en raison de la croissance démographique, est pratiquement impossible pour la grande majorité d'entre eux. Cela ne signifie pas que la situation est sans issue. Israël doit reconnaître aux réfugiés le droit au retour et proposer, d'égal à égal, d'en négocier avec eux les modalités en offrant des compensations à ceux qui, par exemple, ne tiendraient pas à s’établir dans un pays qu'ils n'ont jamais connu et dont l'environnement actuel leur est totalement étranger.

Dans l'immédiat, la simple honnêteté exige la compensation intégrale des biens et des avoirs mis en déshérence, forcée par les gouvernements israéliens, et confisqués, transformés ou détruits illégitimement. Quel qu'il soit et quelles qu'en soient ses raisons, celui qui s'approprie ce que possède légitimement autrui doit le dédommager s'il ne peut plus ou ne veut pas le lui rendre. Ce type de dette ne saurait en droit être compensée par un préjudice causé par une personne ou une collectivité autre que le créancier.

Peut-on voler un pauvre pour compenser ce qu'un plus fort vous a volé?

ASSP

  • Discrimination des femmes dans le cadre de l’Assurance Invalidité

La perspective strictement économique sur laquelle se fonde la LAI a un impact considérable sur la population féminine en incapacité de travail. Dans un contexte où les exigences de mobilité professionnelle croissent, la Loi sur l’assurance-invalidité (ci-après LAI) a des limites importantes, notamment en matière de réadaptation et de formation. Citons ci-après les effets et les limites des principes légaux de la LAI du point de vue de l’égalité des sexes.

Le taux d’invalidité est le résultat d’une perte de gain (présumée durable), consécutive à un problème de santé (physique, psychique ou congénital) - Art.4 al.1.

• Toutefois les femmes gagnent moins que les hommes sur le marché du travail.

• Leur perte de gain est souvent plus faible, en conséquence leur taux d’invalidité aussi.

Le principe fondamental de l’AI est le suivant: la réadaptation prime la rente (Art. 28. al.2). Les assurés ont droit aux mesures médicales, si elles sont directement nécessaires à la réadaptation professionnelle et elles permettent d’améliorer de façon durable et importante la capacité de gain ou de la préserver (Art.12 al.1). Les mesures médicales n’ont donc pas pour objet le traitement de l’atteinte, sauf en cas d’infirmité congénitale (Art.8 al.2 et 13 al.1). Les mesures professionnelles répondent au principe énoncé à l’Art.8 al.1, à savoir que la mesure doit permettre de sauvegarder ou améliorer la capacité de gain. Le reclassement dans une nouvelle profession, le placement ou l’aide en capital, l’orientation professionnelle et la formation professionnelle initiale obéissent à ce critère économique. Seuls les moyens auxiliaires sont octroyés sans égard aux possibilités de réadaptation à la vie professionnelle et à la capacité de gain des assurés (Art.21 al.1 et al.2).

La prise en charge des enfants et du travail domestique par les mères influence le processus d'évaluation de l'invalidité. La plupart des mères travaillent à temps partiel et voient leur taux d’invalidité estimé à partir de l’enquête économique sur le ménage. Or, cette méthode induit plus souvent un quart de rente ou une demi-rente. La double charge de travail pour les mères n’est pas saisie dans sa totalité avec ces enquêtes. Quels que soient leur taux d’activité professionnelle et leur nombre d’enfants, l’évaluation du taux d’invalidité repose sur une semaine de 40 heures. Le surplus de travail domestique et éducatif est considéré comme une activité gratuite. Il n’est pas traduit en perte économique pour la famille. Or, ce travail a une valeur économique. Il vaudrait mieux, dès lors, pour rétablir l’égalité de traitement estimer la valeur de ce travail et la réelle perte de revenu.

Les femmes sont aussi moins nombreuses que les hommes à obtenir des mesures professionnelles. La philosophie de la LAI, soumise aux principes économiques, accentue les inégalités entre femmes et hommes, car elle ne tient absolument pas compte du fait que les femmes sont discriminées sur le marché du travail, que les possibilités de garde d’enfants sont insuffisantes et que les modèles familiaux changent.

L’exposition organisée par le collectif de recherche Isocèle présente, en collaboration avec l’ASI, les résultats cantonaux de l’étude menée par Diana de la Rosa en 1997/1998 intitulée «Discriminations en matière de réadaptation professionnelle des femmes dans le cadre de l’Assurance-invalidité» afin de sensibiliser le public aux discriminations indirectes qui subsistent pour les femmes en incapacité de travail, dans un contexte où les efforts exigibles par les assuré-e-s pour obtenir des prestations AI sont plus importants.

Diana de la Rosa
Isocèle
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1211 Genève 11
Tél: (022) 781.81.10
Fax: (022) 781.81.11
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