- «Tibet:
du rêve d’hier à la réalité d’aujourd’hui»
Le Tibet des
magazines existe-t-il? L’engouement récent pour le Toit du monde
a engendré une kyrielle de photos dont certaines d’une indéniable
beauté. Montagnes étincelantes, visages burinés et typés, enfants
rieurs, monastères majestueux et paisibles se disputent notre intérêt.
Tout est fait pour nous faire aimer le «Pays des neiges», voire
nous y attirer. Son indéniable magie ne doit pas nous faire oublier
que ce Tibet-là est celui de nos rêves et de notre soif d’absolu.
Sur place, la
réalité est bien différente. Nous sommes très loin des images splendides
contemplées avant le départ. Dans les villes, place à l’urbanisation
à la chinoise, aux infrastructures économiques et militaires, aux
routes encombrées de camions, au triomphe du verre, du béton et
de l’acier. Une succession de commerces, de bars et de bâtiments
officiels sans grâce signent le triomphalisme des colonisateurs,
là où le rêveur occidental s’attendait à trouver authenticité et
harmonie. En zone rurale, casernes, industries, rubans d’asphalte
interminables et points de contrôle rappellent que le pays est occupé
par un peuple aux coutumes fort différentes. Exploitation abusive
des ressources naturelles, déforestation catastrophique et pollution
montrent que l’occupant chinois se soucie bien peu de préserver
ce qui pourrait encore rappeler le Tibet d’antan.
Seule la manne
touristique a permis à certains sites d’être épargnés, ou certains
monastères d’être partiellement rénovés. C’est ce pays-là que l’on
cherche à vous montrer dans la propagande généreusement distribuée
à l’étranger ou dans les brochures touristiques chinoises. N’oubliez
pas que les agences de voyage sont des organismes d’état, quand
l’armée n’en est pas propriétaire!
Quant au Peuple
tibétain, les visages souriants des cartes postales s’estompent
bien vite si l’on sait y voir. Une atmosphère lourde, faite de suspicion,
d’inquiétude, de crainte et de tristesse transparaît dans le regard
lancé au voyageur qui veut en savoir plus.
Mais il y reste
aussi de l’espoir. Se dire que notre lutte pour les droits des Tibétains
et pour leur liberté préservera la part de rêve qu’est le Tibet
pour l’humanité.
Les photographies
présentées dans cette exposition veulent vous montrer ce que nous
avons déjà perdu, mais aussi ce que nous pouvons encore sauver,
et peut-être un jour retrouver...
Tibet
Démocratie
- Terra:
les photos de Salgado parlent pour le droit à la terre
Avec ces photographies
noir et blanc, Salgado nous offre un véritable manifeste pour les
paysans sans terre du Brésil. Des portraits de souffrances, mais
aussi d'une digne insoumission.
Sebastiao Salgado,
né en 1945, originaire du Minas Gerais, se destinait à la carrière
économique. Fonctionnaire au Ministère des finances de Sao Paulo,
il se perfectionne ensuite à Paris avant de travailler à Londres,
de 1971 à 1973 pour l'Organisation internationale du café. C'est
dans le cadre de cette institution qu'il découvre l'Afrique et commence
à photographier. Très vite, il sait que, pour proposer des solutions
à la situation du Tiers Monde,s il faut d'abord témoigner. L'appareil
photo sera l'instrument de cette conscience, de cette volonté militante
qui va faire de Salgado un photographe «concerné», engagé.
Un photographe
humaniste et l'humanité photographiée
Après d'autres
collaborations, il entre à l'agence Magnum en 1979. Dès lors, il
développe sa grande fresque photographique consacrée aux paysanneries
du continent latino-américain. Entre Mexique et Brésil, des regards
et des situations, des instants suspendus et des espaces pour les
recevoir, de lumières dures en ciels plombés. Une vision qui fait
voisiner la misère et la tendresse, des lumières qui dramatisent
les infimes instants de la vie quotidienne et, déjà, les hommes
au travail.
Militant et
généreux, Salgado veut absolument réconcilier esthétique et information,
esthétique et engagement, esthétique et politique. Salgado veut
révéler, souligner, donc faire prendre conscience. Mais aussi garder
trace, renvoyer à l'histoire, à la mémoire. Il regarde le monde
comme un réservoir ininterrompu d'images signifiantes. Il veut produire
du sens plus qu'il ne recherche une quelconque vérité, au nom d'une
foi fondamentale en l'homme.
Et, parce que
ses choix sont clairement déterminés, il poursuit le vieux débat
sur l’esthétique et le politique. Pour dire que, de l'économie aux
images, tout est politique.
Sebastiao Salgado
fait partie de ces hommes rares dont les images préservent la dignité
de ceux qui sont photographiés et de ceux qui les regardent. Ses
photographies n'enferment pas notre perception du monde dans ses
propres clichés, entretenus par des milliers d'autres photos, mais
nous apprennent ce que veut dire garder l'oeil ouvert.
- Terre
des Hommes Suisse et l'exposition «Terra»:
Terre des Hommes
Suisse - Genève s'engage «pour l'enfance et un développement solidaire».
Ce slogan résume bien le double objectif que s'est fixé ce mouvement.
D'une part, intervenir directement sur le terrain, dans le Tiers
Monde, pour venir en aide à des enfants et des jeunes particulièrement
défavorisés et leur permettre de se construire un avenir meilleur.
D'autre part, sensibiliser chez nous la population, en particulier
les jeunes, pour promouvoir plus de solidarité dans les relations
Nord-Sud.
Cette sensibilisation
du public aux réalités du Tiers Monde et à l'interdépendance Nord-Sud
est donc une priorité. Le soutien et la diffusion de l'exposition
de photographies de Sebastiao Salgado dans de nombreux lieux publics,
et aujourd'hui au Village Alternatif, est l'un des moyens de promouvoir
cette éducation à la solidarité.
Terre
des Hommes
L'API et l'Association
Lettres et Images réunissent leurs forces depuis 1998, sur le site
de la rue du Vuache.
• L'API se chargeant
de réhabiliter l'enveloppe du bâtiment.
• Lettres et
Images réhabilite une chaîne typographique complète qu'elle met
à disposition des créateurs et du public.
L’Association
Lettres et Images, ALI, a été fondée en 1998 à l’occasion des manifestations
«150 ans de l’Etat fédéral - 150 ans de patrimoine industriel».
Elle représente le projet permanent de patrimoine industriel du
Canton de Genève.
ALI a pour vocation
de préserver et de promouvoir à Genève les techniques d'impression
et les pratiques qui ont fait la réputation de cette ville depuis
1478, en les mettant au service de la création et de l’édition d’art.
Elle est active tant au niveau de la ville que de la région; elle
contribue également au rayonnement international de la tradition
locale de l’imprimerie, ceci à travers les dernières technologies
informatiques - Internet en particulier.
Ses ateliers
ne sont pas ouverts aux seuls professionnels, mais à tous les publics.
Ils accueillent notamment les enfants des classes primaires, dans
le cadre du programme «L’Art et l’Enfant» organisé par le Département
de l’Instruction Publique. Nous mettons à la disposition de tous
notre collection unique de machines: presses typographiques, monotypes,
linotypes, ainsi que nos ateliers de composition. Cet ensemble représente
100 tonnes de machines réparties sur plus de 1’000 m2.
Depuis le mois
de mars 2000, ALI propose à une dizaine d’artistes découvrant l’ensemble
des techniques d’impression en relief et la composition manuelle
au plomb, de réaliser chacun un «Livre d’artiste». Ces travaux,
exécutés dans nos locaux et avec notre équipement, feront l’objet
d’une exposition lors du prochain Salon du Livre.
Lettres et Images
L’Association
pour le Patrimoine Industriel, a été fondée en 1979.
Depuis sa création
elle a joué un rôle central dans le cadre des manifestations «150
ans de l’Etat fédéral -150 ans de patrimoine industriel».
Elle a contribué
à permettre au public de se familiariser avec le patrimoine industriel
régional et a attiré l’attention des autorités sur la nécessité
de conserver vivant notre patrimoine industriel et technique.
Association
pour le Patrimoine Industriel
Déraciné
- Le
vol de biens culturels au Burkina Faso
«Sans masques
nous sommes comme un arbre sans racines.»
Adama
Millogo, Griot des Bobo-Fing
L'idée de dérober
des objets d'art est presque aussi ancienne que celle de les créer.
De nos jours, le pillage de biens culturels relève surtout d'initiatives
privées et sert à l'enrichissement de particuliers. Le trafic des
biens culturels figure au deuxième rang mondial derrière le trafic
de drogue. La Suisse est particulièrement concernée par ce commerce
illégal car les objets provenant de l’Afrique y sont très à la mode.
Le trafic d'oeuvres
d'art fait souvent l'actualité, mais on a moins souvent l'occasion
d'entendre les victimes. L'exposition «Déraciné» est le résultat
d'un long travail interculturel. De nombreux experts locaux ainsi
que des victimes de vol de masques ou de fétiches ont participé
volontairement à cette enquête. Ils voulaient par là exprimer leur
intérêt autant que l'urgence de résoudre ce problème. Le sculpteur
Tankien Konaté résume le problème de la façon suivante: «Nul moyen
n'est plus efficace dans l'oppression d'un peuple que d'anéantir
sournoisement sa culture et ses croyances. La pauvreté matérielle
et culturelle est à l'origine de la dépendance et de la perte de
confiance. Si l'on ne met pas fin à ce pillage, notre culture sera
vouée à disparaître».
Le roi des Gan,
un peuple qui a perdu presque tout son patrimoine culturel dit:
«Ces objets - que vous considérez comme des objets d'art - sont,
pour nous, des objets de culte. Nous ne les exposons pas pour faire
joli, pour décorer, mais nous les utilisons dans les rituels, sacrifices,
prières, invocations que nous adressons à ce que nous considérons
comme l'esprit suprême. Ainsi, ce n'est donc pas l'objet lui-même
ou sa dimension esthétique qui importe, mais bien son rôle de support
pour la pensée. Vous pouvez dès lors imaginer le vide immense qu'entraîne
la disparition de ces objets.»
L'unique collection
de photo de Patrick Darlot qui anime cette exposition a été réunie
pendant ses nombreux séjours au Burkina Faso.
Qui n’a jamais
ressenti la puissance de la mer? Utiliser cette force dans un projet
éducatif, offrir la mer comme terrain d’apprentissage à des adolescents
de 12 à 16 ans, tel est le but de 1000 Sabords. Cette association
sans but lucratif a été fondée en mars 1997 par un groupe d’amis
autour de Jean-Claude Fleuret, homme passionné à la fois d’éducation
- 25 ans d’enseignement dans les écoles genevoises - et de voile
- marin de longue date et d’expérience.
L’idée est que
des acquisitions d’ordre scolaire comme des apprentissages de vie
sont stimulés grâce à une expérience forte où se mêlent l’aventure
concrète et l’aventure intérieure. Exigeant responsabilité personnelle
et solidarité, la vie sur un bateau mène les jeunes face à eux-mêmes,
en situation de réflexion et de distanciation, et renforce leur
personnalité. Le dépaysement, les découvertes et les rencontres
sont des moteurs dynamiques et utiles tant pour le court terme -
réussite de l’année scolaire qui n’est pas interrompue - que pour
l’avenir des jeunes mousses.
Le 28 septembre
1999, sept adolescents de 12 à 16 ans sont ainsi partis pour un
périple atlantique de huit mois sur Drisar III, ketch de 16m50 en
acier, ancien bateau écolo hollandais. Pour ce troisième voyage,
Jean-Claude Fleuret est entouré de deux autres adultes. Des spécialistes
les ont rejoint selon les escales: vulcanologue, biologiste, cétologue,
ornithologue. Retour: mai 2000.
On peut suivre
le voyage à l’adresse Internet: www.1000sabords.ch; ou chaque mois
à la Radio Suisse Romande - La Première dans l’émission «La Smala»,
samedi matin et lundi soir; ou encore grâce au journal de l’expédition
Boomerang.
Depuis sa création,
le projet a pu se réaliser grâce aux efforts de tous, skipper, accompagnants,
parents, bénévoles, amis. Pour assurer le suivi de l’aventure et
ouvrir des possibilités à d’autres jeunes, l’association 1000 Sabords
désire se faire connaître plus largement.
1000
Sabords
- Tibet:
gare au révisionnisme chinois!
«Révisionniste:
partisan de l’histoire, tendant à nier ou à minimiser le génocide
des Juifs par les nazis»
N’est-ce pas
du révisionnisme que de prétendre que «le Tibet fait partie de la
Chine depuis le XIIIe siècle», alors que le Tibet était une nation
absolument indépendante avant son invasion par la Chine? N’est-ce
pas du révisionnisme que de parler de «libération pacifique», alors
que cette annexion par la force a causé la mort de plus d’un million
de Tibétains depuis 1959? N’est-ce pas du révisionnisme que de prétendre
que «plus de 95% de serfs et d’esclaves ont été affranchis de la
dictature des moines et des aristocrates», alors que la population
tibétaine est à 100% asservie par les colons chinois? N’est-ce pas
du révisionnisme que de prétendre que «la population tibétaine a
plus que doublé en 40 ans» alors que les Tibétains dénoncent les
stérilisations et avortements forcés, le génocide et la «solution
finale» qui consiste à noyer le peuple tibétain sous l’afflux des
colons chinois?
N’est-ce pas
du révisionnisme que de prétendre que «depuis la libération pacifique
du Tibet, le gouvernement chinois respecte et protège le droit des
Tibétains à la liberté de la croyance religieuse», alors que plus
de 6’000 monastères ont été détruits et que les moines sont systématiquement
persécutés? N’est-ce pas du révisionnisme de prétendre que «par
rapport à l’ancien Tibet, les droits de l’homme dont le Peuple tibétain
jouit aujourd’hui sont incomparablement meilleurs», alors qu’il
suffit de crier «vive le Tibet libre!» ou d’exhiber le drapeau tibétain
pour être emprisonné et torturé parfois à mort? N’est-ce pas du
révisionnisme que de prétendre «respecter le système de réincarnation
du bouddha vivant», alors que le petit panchen lama reconnu par
le Dalaï Lama a aussitôt été enlevé et que des rumeurs courent sur
sa mort? (à l’âge de 10 ans, après 5 ans de détention!)
Ces citations
sont tirées de publications chinoises consacrées au Tibet… L’exposition
montée par le Comité de Soutien au Peuple Tibétain a pour but de
mettre en garde le public face à cette propagande révisionniste,
en lui opposant des constats, des chiffres et des témoignages irréfutables.
Comité
de Soutien au Peuple Tibétain
Cette exposition
de photo-collages provient de la banque d'images alternative: www.jjkphoto.ch.
Cette banque
d'images a pour but d'aider les associations, luttant pour un monde
plus juste, à illustrer leurs publications, articles, affiches etc…
ceci gratuitement! pour tout le monde qu'on se le dise! Les photos
sont facilement téléchargeables.
Ce site se visite
aussi comme une galerie, reflet de notre temps.
jjk
Chacun ose et
tous clament... Pour ce lieu de rencontres deux maîtres à penser:
George Bataille, Antonin Artaud.
Qui comprennne
nous suive...
Espace d'exposition:
expo d'affiches-poème, site Internet, rencontre avec les écrivains,
vidéos. Sujets: littérature et économie.
Sur 4 mètres
carrés:
Œuvre collective
de l'Atelier Vivant :
«Le récépissé
et sa valeur!»
Une association
qu'on dit à but non lucratif doit pour exister respecter certaines
règles... Pour avoir la parole et la donner à ses membres elle doit
survivre... Il faut payer son dû ou alors fermer sa gueule... avant
que d'autres imposent leur loi, la loi de l'économie: t'as du fric!
Atelier
Vivant
- «Par-ci,
par-là» Genève et le Pérou, deux mondes en écho
A travers la
vidéo, la musique et l'image, cette exposition de la Fédération
genevoise de coopération (FGC) soulève des questions qui transcendent
les divisions Nord-Sud, riche-pauvre et amène à une prise de conscience
de certaines réalités qui, parfois, ne sont pas si différentes.
Elle cherche à toucher le cœur aussi bien que la tête et comporte
trois parties:
«Par-ci,
par-là»
Des images vidéo
symbolisent le quotidien à Genève et au Pérou. Ressemblances, similitudes,
différences: où sont les frontières?
«Entre privilège
et pauvreté»
Cette partie
aborde le thème du VIH/sida par le témoignage filmé de personnes
séropositives vivant en Suisse et à travers un outil de prévention
utilisé dans des bidonvilles au Pérou par l’association Kallpa.
«Entre tradition
et perversion»
Ce troisième
volet ne prône ni l'éradication violente de la culture de la coca
ni le développement sauvage de cette culture pour la production
de la drogue, avec toutes les conséquences sociales, économiques
et environnementales que cela implique dans les nouvelles zones
de production et dans les pays de consommation.
Il présente
une alternative possible à la production de plantes de coca au Pérou
à travers un projet de l’Association «la Florida», financé par le
biais de la FGC par le Fonds «Drogue ou Développement» de l’Etat
de Genève.
Fédération
Genevoise de Coopération
- Nous
familles moteur de l’économie
La famille,
chacun le sait, participe aux processus de production et de consommation
du circuit économique d’un Etat. Après analyse des chiffres, le
poids des familles s’avère plus important qu’on ne peut l’imaginer.
Elles sont par leur nombre un poids lourd du circuit économique
national. Ainsi la moitié des actifs ont des enfants et leurs salaires,
donc une bonne partie de leur consommation totalise à une bonne
moitié du revenu national (plus de 100 milliards de francs). Il
est indéniable que les familles par leur consommation, leur travail
rémunéré et leur travail domestique et familial sont de fait le
moteur de l’économie.
Une évidence
saute aux yeux. Sans les ménages l’économie nationale est ramenée
à sa partie congrue.
Nous vous invitons
à venir voir notre exposition. Vous y découvrirez notamment les
flux financiers des ménages ou leurs contributions gratuites à la
société ainsi que leur rôle et leur importance dans le circuit économique.
Mouvement
Populaire des Familles
- Les
droits bafoués du Peuple palestinien
L'existence
de trois millions six cent vingt-cinq mille cinq cent nonante-deux
réfugiés palestiniens n'est ni une question, ni un problème, c'est
une intolérable réalité faite d'autant de personnes dont la dignité
est bafouée, le droit au retour nié, l'espérance étroitement emprisonnée,
les droits économiques, sociaux et culturels strictement limités
dans les pays d'accueil. Il n'y avait pas la télévision en 1948
pour offrir au monde les images bouleversantes de quelque 900’000
hommes, femmes, enfants, vieillards jetés sur les chemins de l'exode
chargés de ce qu'ils avaient ramassé, à la hâte, en quittant leur
foyer. Beaucoup avaient pris la clé d'une maison qu'ils avaient
soigneusement fermée mais que ni eux, ni leurs descendants, ne rouvriront
jamais parce qu'elle a été détruite ou occupée depuis 50 ans par
d'autres locataires, et que de toute façon ils n'ont jamais eu le
droit de revenir chez eux.
Le cas est certainement
unique au monde: le chiffre des réfugiés palestiniens de 1948 est
aujourd'hui précis à l'unité près. En effet, l'UNWRA les a recensé
dès le début et en a, depuis, tenu le compte avec une rigoureuse
exactitude. Cette institution a été établie par la résolution 302
(IV) du 8 décembre 1949 de l'Assemblée générale des Nations Unies
en vue de mettre en œuvre des programmes d'aide et de travaux pour
les réfugiés palestiniens.
Les opérations
de l'Agence ont démarré le 1er mai 1950, donc voici exactement 50
ans. L'ASSP a saisi cette occasion pour illustrer, par une exposition
au Village Alternatif, les conditions d'existence des réfugiés au
cours d'un demi-siècle d'exil imposé.
L'UNWRA est
le sigle de United Nations Relief and Works Agency for Palestine
Refugees in the Near East (en français: Office de secours et de
travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le
Proche-Orient). Ces réfugiés de 1948 et leurs descendants sont originaires
de ce qui est devenu entre temps l'Etat d'Israël. L'Assemblée générale
des Nations Unies par sa résolution 194, affirme solennellement
le droit au retour et à compensation des réfugiés. Israël a toujours
ignoré cette résolution, maintes fois réaffirmée et qui ne fait
que reprendre un principe figurant expressément dans la Déclaration
universelle des droits de l'homme et dans la IVème Convention de
Genève, dont la Suisse est la gardienne.
Le retour dans
leurs foyers d'origine des réfugiés, dont le nombre est en constante
augmentation en raison de la croissance démographique, est pratiquement
impossible pour la grande majorité d'entre eux. Cela ne signifie
pas que la situation est sans issue. Israël doit reconnaître aux
réfugiés le droit au retour et proposer, d'égal à égal, d'en négocier
avec eux les modalités en offrant des compensations à ceux qui,
par exemple, ne tiendraient pas à s’établir dans un pays qu'ils
n'ont jamais connu et dont l'environnement actuel leur est totalement
étranger.
Dans l'immédiat,
la simple honnêteté exige la compensation intégrale des biens et
des avoirs mis en déshérence, forcée par les gouvernements israéliens,
et confisqués, transformés ou détruits illégitimement. Quel qu'il
soit et quelles qu'en soient ses raisons, celui qui s'approprie
ce que possède légitimement autrui doit le dédommager s'il ne peut
plus ou ne veut pas le lui rendre. Ce type de dette ne saurait en
droit être compensée par un préjudice causé par une personne ou
une collectivité autre que le créancier.
Peut-on voler
un pauvre pour compenser ce qu'un plus fort vous a volé?
ASSP
- Discrimination
des femmes dans le cadre de l’Assurance Invalidité
La perspective
strictement économique sur laquelle se fonde la LAI a un impact
considérable sur la population féminine en incapacité de travail.
Dans un contexte où les exigences de mobilité professionnelle croissent,
la Loi sur l’assurance-invalidité (ci-après LAI) a des limites importantes,
notamment en matière de réadaptation et de formation. Citons ci-après
les effets et les limites des principes légaux de la LAI du point
de vue de l’égalité des sexes.
Le taux d’invalidité
est le résultat d’une perte de gain (présumée durable), consécutive
à un problème de santé (physique, psychique ou congénital) - Art.4
al.1.
• Toutefois
les femmes gagnent moins que les hommes sur le marché du travail.
• Leur perte
de gain est souvent plus faible, en conséquence leur taux d’invalidité
aussi.
Le principe
fondamental de l’AI est le suivant: la réadaptation prime la rente
(Art. 28. al.2). Les assurés ont droit aux mesures médicales, si
elles sont directement nécessaires à la réadaptation professionnelle
et elles permettent d’améliorer de façon durable et importante la
capacité de gain ou de la préserver (Art.12 al.1). Les mesures médicales
n’ont donc pas pour objet le traitement de l’atteinte, sauf en cas
d’infirmité congénitale (Art.8 al.2 et 13 al.1). Les mesures professionnelles
répondent au principe énoncé à l’Art.8 al.1, à savoir que la mesure
doit permettre de sauvegarder ou améliorer la capacité de gain.
Le reclassement dans une nouvelle profession, le placement ou l’aide
en capital, l’orientation professionnelle et la formation professionnelle
initiale obéissent à ce critère économique. Seuls les moyens auxiliaires
sont octroyés sans égard aux possibilités de réadaptation à la vie
professionnelle et à la capacité de gain des assurés (Art.21 al.1
et al.2).
La prise en
charge des enfants et du travail domestique par les mères influence
le processus d'évaluation de l'invalidité. La plupart des mères
travaillent à temps partiel et voient leur taux d’invalidité estimé
à partir de l’enquête économique sur le ménage. Or, cette méthode
induit plus souvent un quart de rente ou une demi-rente. La double
charge de travail pour les mères n’est pas saisie dans sa totalité
avec ces enquêtes. Quels que soient leur taux d’activité professionnelle
et leur nombre d’enfants, l’évaluation du taux d’invalidité repose
sur une semaine de 40 heures. Le surplus de travail domestique et
éducatif est considéré comme une activité gratuite. Il n’est pas
traduit en perte économique pour la famille. Or, ce travail a une
valeur économique. Il vaudrait mieux, dès lors, pour rétablir l’égalité
de traitement estimer la valeur de ce travail et la réelle perte
de revenu.
Les femmes sont
aussi moins nombreuses que les hommes à obtenir des mesures professionnelles.
La philosophie de la LAI, soumise aux principes économiques, accentue
les inégalités entre femmes et hommes, car elle ne tient absolument
pas compte du fait que les femmes sont discriminées sur le marché
du travail, que les possibilités de garde d’enfants sont insuffisantes
et que les modèles familiaux changent.
L’exposition
organisée par le collectif de recherche Isocèle présente, en collaboration
avec l’ASI, les résultats cantonaux de l’étude menée par Diana de
la Rosa en 1997/1998 intitulée «Discriminations en matière de réadaptation
professionnelle des femmes dans le cadre de l’Assurance-invalidité»
afin de sensibiliser le public aux discriminations indirectes qui
subsistent pour les femmes en incapacité de travail, dans un contexte
où les efforts exigibles par les assuré-e-s pour obtenir des prestations
AI sont plus importants.
Diana
de la Rosa
Isocèle
Case postale 5732
1211 Genève 11
Tél: (022) 781.81.10
Fax: (022) 781.81.11
E-mail: isocele@gkb.com
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