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Village alternatif 2003 - Editorial | |||||||||
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Les germes de la violence dans nos sociétés
L'année dernière après avoir fait un bilan des débats sur le «Réchauffement planétaire: causes, conséquences et solutions», nous avons constaté, en écoutant les experts invités à débattre sur ce sujet, que la situation mondiale était en constante aggravation. Il fallut constater que les ONG, les associations et le monde politique concernés par la question n'arrivaient pas contrer les grands consortiums de la finance mondiale intéressés uniquement par le profit au détriment du développement durable. Depuis la conférence de Stockholm et de Rio, en 1992 et celle de Kyoto, en 2002, rien n'a été entrepris à l'échelle mondiale pour prévenir les dommages qui seront causés aux générations futures. Un débat nous a particulièrement surpris, soit celui sur «Les conflits verts», débat au cours duquel les conférenciers invités constataient une aggravation constante de la situation avec comme corollaire, la violence. Désirant démontrer ce lien indivisible - dégradation des ressources et augmentation de la violence - le Village 2003 a choisi de traiter le thème de la violence en cherchant ses origines et en explorant les moyens qui nous permettraient de la prévenir et la contenir. Moyens qui nous fourniront l'espoir de voir arriver des jours meilleurs où les politiciens, sous la pression populaire, feront barrage aux volontés de piller le monde. Conscient du défi
à relever le Village Alternatif a choisi de traiter le thème
de cette année «Les germes de la violence dans nos sociétés»
à travers quatre axes, soit : Les origines La violence n'est pas un phénomène nouveau. Elle apparaît dès les débuts de l'histoire de l'humanité, parfois justifiée par les besoins de survie de l'individu et du groupe. Elle n'est qu'une longue histoire de luttes, d'affrontements et de conflits sans fin. L'Homme l'a utilisée
à travers les âges pour conquérir ou protéger
son territoire. Elle a été utilisée, à petite
ou grande échelle, au nom de la justice, d'un idéal politique
et même au nom de la religion. La question que nous devons nous poser régulièrement est celle de savoir si nous avons toujours été violents et si, pour progresser dans notre vie, nous avons obligatoirement besoin de cette violence… Les facteurs déclenchants Dans le contexte mondial actuel, les conflits vont se propager et perdurer. L'eau, l'air, la terre, indispensables à toute vie, sont actuellement menacés de rarefaction. Dans de nombreux pays, la qualité des ressources se dégrade de manière exponentielle. L'expansion humaine va inévitablement exercer une pression gigantesque sur l'état des ressources et le droit de les posséder. Les conséquences des changements climatiques vont êtres particulièrement difficiles à supporter dans les pays pauvres et l'attitude de ceux qui en seront victimes va se modifier radicalement. Les questions d'environnement et de partage des richesses seront sources de conflits et de violence. Cette insécurité provenant du manque de ressources essentielles provoquera des mouvements massifs de populations qui dérègleront l'équilibre géopolitique instable de certaines régions du globe. Ces déplacements forcés ne manqueront pas de provoquer des «chocs» de cultures sans précédent. Sans processus de prévention nous allons droit à la catastrophe. D'autre part, la société moderne multiplie les occasions d'agressivité, au lieu de les réduire. La compétitivité constante, l'insécurité de l'emploi et autres menaces de toutes sortes instaurent un climat propice aux tensions. L'homme devient par conséquent agressif car constamment violenté par un contexte économique et social de plus en plus inégal. La mondialisation La consommation à outrance imposée par des monopoles financiers internationaux n'est plus supportable et une mutation sociale, collective et individuelle doit s'opérer, afin de s'opposer à cette destruction sans scrupule, systématique, voire planifiée de nos conditions de vie sur cette planète. La «mise au pas» des Nations Unies par les américains, lors de cette nouvelle guerre en Irak, nous rappelle des moments pénibles de notre histoire au cours desquels d'autres puissances utilisaient les mêmes propos pour justifier leurs désirs de conquêtes. Cela nous démontre que, plus que jamais, la finance et les intérêts particuliers priment sur les Droits de la Personne. Et cela alors que nous sommes encore à l'aube de la créations d'une réelle structure mondiale de maintien de la paix et que nous sommes toujours les otages des desiderata de l'une des cinq puissances du monde. La mondialisation est au centre de divers programmes intellectuels et politiques et elle soulève diverses questions à propos de ce que l'on considère comme une dynamique fondamentale de notre temps. Nous constatons que la soumission des peuples au capitalisme et à l'économie de marché dépend de la capacité des classes dominantes et dirigeantes à imposer leur volonté et de leur capacité à convaincre que leurs intérêts sont ceux de tous. Pour ce faire des stratégies géopolitiques sont mises en place et la violence ne devient qu'un simple outil. Finalement la violence n'est qu'un moyen pour déstabiliser des peuples et fournir des excuses à la mise en place de nouvelles frontières au nom de la démocratie. La mondialisation nous a montré les faiblesses de l'Europe et des pays arabes, leur incapacité à trouver des solutions communes et leur incapacité aussi à s'opposer à la pression américaine lors de la mise en place d'un nouveau profil géopolitique. Vivre avec Cette année 2003 devrait être consacrée à restaurer la confiance dans un monde ravagé par les guerres, la stagnation économique mondiale, les problèmes liés au réchauffement planétaire, conséquences de notre mode vie inadéquat. Face à la progression de la guerre et de la violence il faut envisager des remèdes. La création de Forums d'échange d'opinions, la résistance, la médiation et la non-violence nous procurent de l'espoir. La résistance s'organise face aux seigneurs du capital mondialisé. Ainsi nous devons nous organiser, en appelant chaque membre de la société civile à retirer son soutien aux autorités établies qui couvrent l'injustice. Dans un premier temps, cette non-coopération doit s'organiser dans le cadre de la légalité, en usant de tous les moyens de lutte légaux mis à notre disposition. Dans un deuxième temps, il faudra envisager la désobéissance civile avec des moyens non-violents. Car, comme disait Gandhi : «Si le gouvernement agit mal, je participe à sa mauvaise action en coopérant avec lui et en rendant possible ce mal. Mon devoir est de retirer mon soutien à ce gouvernement, non par punition, non par vengeance, mais pour ne pas devenir responsable du mal qu'il fait». La médiation a un énorme défi à relever, car elle devra se charger des situations pénales, familiales et de travail, mais aussi des situations conflictuelles internationales dans lesquelles les cultures seront particulièrement mélangées. L'éducation à la paix et à la résolution amiable des conflits est plus que jamais indispensable. La violence est un cercle qu’il faut briser et cela passe forcément par une éducation fondée sur la non-violence et le respect de la différence des cultures, Il s’agit là d’une des solutions afin de ne plus être victimes de notre violence… Pour terminer, nous tenons à vous rappeler que «La Maison des Associations socio-politiques», qui existe à Genève, est un lieu de concertation associatif indispensable, dans le contexte actuel d'augmentation des conflits et de non-respect des droits des peuples, de l'environnement et du développement durable. Marina
Bertani
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