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LAFEA
Village alternatif 2003 - Expositions
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  • 1000 Sabords

    1000 Sabords: «Qui n'a jamais ressenti la puissance de la mer?»
    Utiliser cette force dans un projet éducatif, voilà ce que propose 1000 Sabords, association sans but lucratif, fondée en mars 1997 par un groupe d'amis autour de Jean-Claude Fleuret, homme passionné à la fois d'éducation - 25 ans d'enseignement dans les écoles genevoises- et de voile marin de longue date et d'expérience.
    Vivre la mer comme espace de formation, c'est mener à bon port un voilier en jouant avec le vent, trouver sa position grâce aux étoiles, découvrir des modes de vie qui ont un autre rapport à la nature, étudier les grands mammifères et les oiseaux marins, communiquer ses découvertes par Internet et par un journal à ceux qui restent à terre.
    Ce sont encore bien d'autres occasions d'enraciner ses apprentissages au coeur d'un voyage hors de l'ordinaire.
    Les acquisitions d'ordre scolaire comme les expériences de vie sont stimulées grâce à des situations fortes où se mêlent aventures concrètes et intérieures. Travailler sur un bateau dans une équipe de jeunes avides de découvertes exige solidarité et responsabilité personnelle, renforce la personnalité et constitue un moteur d'évolution dynamique, utile tant pour le court terme réussite de l'année scolaire qui n'est pas interrompue que pour l'avenir des jeunes mousses.
    Le 1er décembre 2002, huit adolescents et adolescentes de 13 à 16 ans sont ainsi partis pour un périple atlantique de 5 mois et demi sur Drisar III, un ketch de 16m50 en acier, ancien-bateau école hollandais. Pour ce sixième voyage, Jean-Claude Fleuret est entouré de deux autres adultes. Des spécialistes s'ajoutent selon les escales. Le retour est prévu pour mai 2003.
    On peut suivre le périple sur l'adresse Internet www.1000sabords.ch ou grâce au Boomerang, journal de l'expédition.
    Depuis sa création, le projet a pu se concrétiser grâce aux efforts de tous, skipper, accompagnants, parents, bénévoles, amis.

    L'association 1000 Sabords assure le suivi à terre et se mobilise pour que, chaque année, l'aventure puisse être ouverte à d'autres jeunes.

  • A fleur de peau
    Des graines aux germes de la violence.

    Des graines?, des germes?, de la violence?, dans notre société actuelle?
    Voilà une évidence dont notre conscience se serait bien passée.
    Depuis la nuit des temps, la violence de Mère Nature fait partie intégrante de notre vie, source de notre existence. Cataclysmes, prédateurs de tous horizons sont le tribut de notre combat pour vivre. Pris de conscience, nous avons décidé d’être les plus grands prédateurs du monde. Malheureusement des destructeurs…

Futur vers un retour; le siècle des Lumières en 2003.
Ces néo-éclairés, le regard tourné vers le ciel, flattent tendrement la postérité. Cette seule «vérité» nous fait frémir tant son concept déjà bien connu sent le souffre.
Bien campé sur les bases du bon droit, chacun recherche au plus profond de soi, une Foi vers laquelle se tourner.
Archaïsme religieux, politique ou philosophique… Tout est bon pour asseoir sa suprématie à travers le monde.
Il s’ensuit que la Nature et son Peuple sont relégués à des «peanuts».
L’homme dirigeant devient le cancer de l’Homme de notre monde. Il règle son existence par la force.
«La force ne peut rester une force que si elle est transformée en droit». Voilà des lettres de noblesse, égarées dans ce galimatia de complexe de supériorité.
Le laxisme inconscient de ceux qui nous dirigent fait fi du respect de l’être.
Ce complexe de supériorité ne se contente pas d’être élitiste, arrogant, guidé par le «pouvoir du juste», mais entraîne et traîne derrière lui une kyrielle d’incohérences, de frustrations et de réactions primaires qui pousse les peuples à s’entre-déchirer.

Le déséquilibre planétaire que provoquent ces rejetons de la violence, est né d’une volonté de maximisation d’aquisition et de suprématie; prendre la vie de l’autre, physique ou mentale, est l’ultime direction pour faire germer les graines de la violence.

Les germes de la violence? C’est le monumentalisme, virtuel, abstrait, qu’impose un contrôle unilatéral, marchant sur les bords de la raison pour pouvoir l’inféoder, la morceler, l’évaporer dans une spirale de contradictions poussant l’être jusqu’à sa destruction, son auto-destruction.

Les germes de la violence? C’est prévoir la destruction d’un continent, d’un état, d’un peuple. Pas pour faire la paix mais pour avoir la paix.
Les germes de la violence?
C’est de ressentir notre impuissance face au nerf de la guerre, l’argent, qui permet le non respect de nos lois sociales et des lois universelles.

La connivence du silence et de l’indifférence sont les graines faisant germer la violence en chacun d’entre nous.

  • La violence dépend de nous

Mandat International est une organisation non gouvernementale qui a pour but de soutenir la participation des délégations non gouvernementales aux conférences internationales et de créer un espace de rencontres et d'échanges entre les délégués de régions et de domaines d'activités différents.
Dans le centre d'accueil de Mandat International a dernièrement séjourné Junsei Terasawa, moine bouddhiste japonais de l'ordre Nipponzan Myohoji. Ce texte est issu de l’entretien.

Dans quel domaine travaille votre organisation?
Notre organisation est active dans le domaine des droits de l'Homme, de la paix et de la prévention des conflits. Nous venons souvent à Genève et logeons à Mandat International afin de participer aux activités des Nations Unies.
A présent (février 2003) notre activité principale concerne la préparation d'une mission interreligieuse en Iraq. Nous porterons l'appel pour la paix des religions du monde à Saddam Hussein, à Bush et à d'autres leaders politiques mondiaux.
Pouvez-vous citer des épisodes de violence dont vous avez été témoin pendant vos activités?
J'ai vu l'horreur de la guerre technologique en Iraq. Il y a douze ans, j'étais en Iraq lors de la fin de la guerre du Golfe. Je vivais à Bagdad et j'ai vu de mes propres yeux les dégâts des bombardements. Le 14 février 1991 un missile détruisit l'entrée d'un bunker; quelques minutes après un deuxième missile rentra directement dans le bunker où des vieux, des femmes et des enfants s'étaient cachés. Ils moururent tous.
D'après vous, qu'est-ce que la violence?
Tous les êtres humains ont des aspects de violence et de non-violence, notre cœur et notre pensée sont juste au milieu. Nous pouvons nous décider pour la violence ou pour la non-violence, cela dépend de nous. La ligne de séparation est comment nous voyons les autres. Si nous nous concevons séparés des autres, nous nous considérons meilleurs et plus importants. Alors le processus de violence commence. Nous devenons non seulement égoïstes, mais aussi jaloux et hargneux: ainsi le niveau de violence augmente. La jalousie, l'avidité, l'égoïsme, la colère, la haine et la vengeance nous amènent à des niveaux de plus en plus élevés. Et plus ce niveau augmente, plus la violence devient physique. Elle évolue du simple geste à l'utilisation d'outils. A la fin de ce processus, on jette la bombe et on détruit un pays entier. Cette horreur a ses racines dans nos pensées et nos comportements.
Comment pouvons-nous choisir la non-violence? Là encore, il s'agit de la façon dont nous regardons les autres. Notre existence n'est pas séparée de celle de nos prochains. Si on considère les autres avec respect, affection, compassion et amour, on peut élever le niveau de non-violence. Par ce processus, on peut saisir l'Unité de tous les êtres humains jusqu'à pouvoir accueillir en nous-même les êtres inhumains comme les pierres, les arbres et les étoiles. On rejoint ainsi la Sagesse qui s'appelle Illumination: il n'y a pas de division dans les vies, tout est Un. Comment peut-on se tuer si tout est Un?
Comment les Nations Unies peuvent promouvoir la paix et la non-violence?
Les Nations Unies sont l'institution la plus grande et la plus importante qui représente les Etats du monde.
Cependant les Etats sont constitués d'êtres humains. Ce qui est important pour ces individus est le respect et la protection de leurs vies sur cette planète. Cela devrait être le point de départ de toutes les institutions, les gouvernements ainsi que les Nations Unies.
Les Nations Unies ont des pouvoirs limités, il nous appartient alors de promouvoir la paix. Pour faire cela nous avons besoin de la culture. Je ne parle pas de l'éducation scolaire comme elle est normalement conçue. La culture est l'éducation qui passe à travers l'expérience et la connaissance des générations. La religion en est une partie importante car elle est la sève de la culture qui peut guider les communautés vers la non-violence.

Junsei Terasawa & Mandat International

  • Enfants victimes de la violence

Les jeunes Palestiniens sont tous témoins ou victimes de violence physique, de perte de proches, d’obstacles injustifiables à l'accès à l'éducation, aux soins médicaux, à la vie familiale et récréative. Ils sont sujets aux humiliations, à la micro-nutrition, à la pauvreté. L'exposition à un événement traumatique est clairement associée au développement de symptômes dépressifs et anxieux, de somatisations, de troubles obsessionnels, compulsifs et de comportement ainsi qu’au déclenchement de troubles psychotiques. L’occupation israélienne maintient dans un état de violence continue le peuple palestinien. Assassinats, blessures, harcèlements, destructions et arrestations sont le lot quotidien. Les jeunes Palestiniens qui n’ont pas de lieu d’accueil spécialisé pour exprimer leurs sentiments et canaliser leur indignation, courent grandement le risque de sombrer dans la violence désespérée d’une aveugle révolte.

L’escalade de violence de l’Etat d’Israël contre les Palestiniens depuis l’Intifada al-Aqsa intensifie l’urgence d’une prise en charge de la santé mentale des enfants. Plus de 30% des morts en Palestine sont des enfants de moins de 18 ans. Ils sont souvent coincés dans des échanges de coups de feu, connaissent des gens qui ont été victimes de la violence ou sont témoins de violence à la télévision ou ailleurs. Ils sont constamment habités par la peur de ce qui est arrivé à d’autres et qui pourrait aussi leur advenir.

Le système de la prise en charge de la santé mentale en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza est dans l’incapacité de prendre en charge le stress mental et émotionnel des enfants.

La mission médicale de l’ASSP (29 juin - 7 juillet 2002) a procédé à l'évaluation d'un projet du Croissant Rouge Palestinien actuellement en préparation avancée. L’impératif est que «tout enfant victime de conflit ou de mauvais traitement doit recevoir la prise en charge nécessaire de sa totale réinsertion». (Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, art 39). Une intervention préventive, de traitement précoce et d'orientation en santé mentale est urgente. Le financement du projet «Lutte contre le traumatisme psychique de l'enfant» dépasse sans doute vos possibilités. Mais vous pouvez le soutenir.

1) En nous faisant part de votre appui moral
2) En demandant aux personnalités exerçant des responsabilités dans la vie publique ou privée de le recommander aux instances politiques, économiques et aux institutions auxquelles elles ont accès.
3) En sollicitant auprès de vos relations collectives ou individuelles des appuis techniques ou des contributions financières.

En partenariat avec le collectif urgence Palestine - Genève

Suzanne Leuenberger - ASSP

  • Violence:
    avant l’éclat mondial, un fait banal

    Qu'est-ce que la violence?
    La question n'est pas si facile, car dans notre société on fait face tous les jours à plusieurs types de violence.
    Tout le monde en connaît les manifestations à l'échelle mondiale, il suffit d'ouvrir un journal ou d'allumer la télé: guerres, terrorisme, génocides, meurtres, etc. On y ajoutera un type qui malheureusement n'est pas toujours à la une, mais qui produit des effets de la même ampleur et gravité: celle de l'économie, de la dictature, de l'injustice et du racisme. Celle-ci n'est pas une violence qui frappe ou tue directement; pourtant elle provoque parfois plus de dégâts qu'une guerre: c'est elle qui fait mourir un enfant dans le monde toutes les minutes, qui rend les peuples et les groupes sociaux économiquement esclaves, qui discrimine et qui nie les droits de l'Homme.
    Non, ne vous inquiétez pas, on ne vous parlera pas de cette violence qui, bien qu'elle soit souvent oubliée par les médias officiels, occupe maints organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux à Genève.
    On aurait plutôt envie vous parler d'une violence qui vous concerne plus directement: celle que l’on vit au quotidien.
    La violence est omniprésente et peut se manifester dans toute relation: entre humains, entre l’humain et son environnement, entre l’humain et la nature. Bien que l’on soit entouré par des actes de violence, on ne s’aperçoit pas de son ampleur dans notre vie quotidienne et l’on s’habitue à la violence, même dans nos rapports les plus proches.
    Sans en arriver aux sévices corporels à l’intérieur même de la famille, le mépris, la non-écoute de l’autre, ainsi que les paroles agressives de nos disputes, sont des violences souvent invisibles que l’on commet tous les jours.
    La violence n’est pas qu’acte ou parole, elle est aussi passivité et non-intervention. Notre consentement passif devant une injustice faite à l’autre est une forme de participation à cette violence. S’y opposer, c’est d’abord une prise de conscience du respect que l’on doit à l’autre comme personne, comme égal. Prendre conscience de nos attitudes violentes, ne pas accepter celles qui nous entourent est un «combat» quotidien à la portée de tous, ayant le pouvoir de freiner l’escalade de la violence.
    Instaurer le respect dans nos relations avec nos proches, c’est le premier pas pour contrer la violence à l’échelle mondiale. Car le respect est une attitude qui s’adopte à tous les niveaux.

Sandro Cirulli et Marion Rodriguez
Service Civil International

  • Abyssinie

Qu’est-ce qui a attiré Rimbaud en Abyssinie? C’est à cette question que Benoît Lange tente de répondre à travers son ouvrage «Abyssinie entre ciel et terre, la route d’Arthur Rimbaud» qui sort cet automne aux éditions Olizane. En 1879, las des salons parisiens, Rimbaud décide de quitter la France et renonce à la poésie, à l’écriture. Les dix dernières années d’Arthur Rimbaud passées en Afrique et principalement en Abyssinie restent aujourd’hui encore très mystérieuses. Peu d’auteurs s’y sont intéressés, peu de documents subsistent. Benoît Lange, jeune photographe qui a consacré le début de sa carrière à l’Inde et particulièrement à Calcutta, a pris en Ethiopie un nouvel envol. En marchant sur les traces de Rimbaud, il nous transporte pour un voyage dans le temps d’un peu plus d’un siècle et dans l’espace bien entendu. En effet, les paysages, de nombreux objets de la vie quotidienne et d’innombrables villes et villages représentent véritablement la mémoire vivante de cette époque: leur apparence mais aussi souvent, leur essence ont peu changé. Au centre de multiples pôles d’attraction, la ville d’Harar, au nord de l’Ethiopie, à partir de laquelle Rimbaud rayonnera et partira à la découverte de contrées alors inconnues, entourées de mystère et de danger.
Benoît Lange

  • Chroniques Palestiniennes

Ce travail photographique, réalisé par Philippe Conti, se veut avant tout un témoignage de la réalité vécue par ces populations sans cesse sur le devant de la scène, prises dans un conflit complexe, mais dont on évoque trop rarement le drame quotidien. A l’heure où le conflit israélo-palestinien se résume dans les médias à des échanges diplomatiques et des comptages macabres, Philippe Conti a su donner un visage à une population cloîtrée dans un quotidien fait de violence et d’enfermement.

Médecins Sans Frontières

  • La non-violence, une réponse
    à la violence

    L’Association La Porte du Tibet/Geneva Support Group présentera une exposition sur la violence, elle sera abordée de différentes façons.

Une des plus connues, la violence physique avec son lot de tortures, d’emprisonnements arbitraires et de peine de mort.
Mais aussi la violence culturelle qui atteint gravement le patrimoine tibétain dans ses fondements avec la destruction des monastères, des quartiers traditionnels, ainsi que la disparition des grands maîtres bouddhistes emprisonnés ou exilés et l’enseignement du chinois au détriment du tibétain.
Et enfin, la violence sur l’environnement, qui, jusqu’à l’invasion du Tibet, avait été préservé, se traduit par la déforestation, l’exploitation excessive des minéraux et autres ressources naturelles, le détournement des rivières au profit des régions désertiques de la Chine et la pollution nucléaire.
La réponse du peuple tibétain à ces violences est la non-violence et ce, depuis plus de 50 ans.

La Porte du Tibet informera aussi le public sur ses activités politiques et culturelles.

Les Amis du Tibet présenteront leur travail qui est essentiellement axé sur le parrainage. Cette association contribue aussi à la formation professionnelle d’étudiants tibétains, à l’encouragement aux études par des dons de bourses, à la construction de homes et de dispensaires, de logements et d’écoles.
L’association Peu-La, au Tibet, se propose avant tout d’agir en amont, c’est-à-dire de contribuer à préserver la culture tibétaine dans son lieu d’origine. Elle compte actuellement un grand nombre de parrains et de marraines. Des projets de construction d’écoles dans des régions excentrées et très défavorisées ont déjà été réalisés.

La Porte du Tibet

  • Energie et Climat:
    Ni CO2, ni nucléaire!

    Depuis l’invention de la machine à vapeur, l’homme a utilisé, pour son confort et ses activités, des quantités de plus en plus grandes de charbon, de pétrole et d’uranium. Ces réserves fossiles qui ont mis plusieurs centaines de milliers d’années à se constituer auront été pratiquement épuisées en moins de trois siècles. La combustion de ces ressources émet des gaz à effet de serre (CO2 notamment). Le climat en est modifié. Pour ne pas faire de contre-sens («climat ou nucléaire?»), l’exposition est dotée cette année d’un chapitre sur les dégâts dus au nucléaire. A l’approche des votations sur le nucléaire, nous voulons rappeler que le nucléaire ne pourra en aucun cas sauver le climat. Entre réchauffement climatique et centrales nucléaires, nous choisissons les renouvelables.

  • ADER

Quitter le fleuve Sénégal – Paris:
l’espoir du retour

Depuis1984, les «Jardins de Cocagne - Solidarité Nord et Sud» accompagnent les migrants, les associations paysannes et, depuis quelques années, des communes dans leurs efforts en faveur du développement de la région des trois frontières entre le Mali, le Sénégal et la Mauritanie. La migration vers l’Europe est un facteur social et économique important pour la région.

L’exposition
Oscar Baillif, dessinateur genevois, est parti en Afrique et à Paris avec ses pinceaux pour réaliser un reportage touchant, mariage entre la question du développement et l’art.

L’exposition traite la problématique de la migration. Elle comporte des panneaux expliquant le travail et les principes des «Jardins de Cocagne» ainsi que le phénomène de la migration des ressortissants de la région vers Paris. Les dessins reflètent la tension entre «là-bas» et «ici», entre l’Afrique et l’Europe. Ils sont groupés autour des sujets «Maison de femmes», «Quitter le village», «La France, pourquoi la France», «Le foyer», «Projets de migrants», «Le projet de retour», «Palabres», «Je suis revenu au village». Les dessins sont accompagnés de témoignages de migrants.

La parole aux migrants
L’exposition donne la parole aux migrants eux-mêmes. Ceci nous semble un élément important pour comprendre les motivations des migrants et les répercussions de la migration sur la vie dans les régions en Afrique. Le migrant devient ainsi un être humain, porteur d’espoir et de craintes.
L’exposition se veut un pont entre l’Afrique et l’Europe. Elle est aussi, mais pas seulement, le porte-parole de l’idée que les sociétés évoluent, que la vie au village est à la fois un facteur de stabilité et de développement.

Si l’un des facteurs qui poussent le jeune à quitter le village est indéniablement la pauvreté, la migration constitue aussi un rite de passage, un départ pour l’aventure, pour aller prouver qu’on est un homme.

Dans ce sens, l’exposition tente de porter un regard subtil sur le phénomène et les êtres humains. Elle évite de prendre position, préférant donner quelques pistes de réflexion.

Les Jardins de Cocagne

  • A fleurs de papillons

Cette année Pro Natura Suisse a choisi de mettre à l’honneur les papillons: d’une part ils sont le sujet de la campagne prévue sur 3 ans et d’autre part le papillon machaon a été désigné animal de l’année. Au-delà de leur beauté et fragilité symboliques, le statut de ces insectes illustre bien la tendance à l’appauvrissement naturel de nos paysages. Ainsi, suite essentiellement à la destruction de leur habitat, plus de la moitié des espèces de papillons de jour en Suisse est aujourd’hui menacée.
Pour en savoir plus sur ces insectes, leur écologie et nos moyens concrets de leur venir en aide, Pro Natura Genève vous invite à visiter l’exposition «A fleurs de papillons» qui leur est consacrée cette année au Centre Nature de la Pointe à la Bise. Un avant-goût de cette exposition ainsi qu’une présentation de notre association vous est présentée au Village Alternatif.

Pro Natura

  • Les Petits Débrouillards

Proposer la science comme loisir joyeux et réflexif est la mission que les Petits Débrouillards se sont fixée. Or il est bien clair que la science est à l'origine de la technologie qui permet, entre autres, aux armes d'exister. La science peut aussi être à l'origine de comportements agressifs et cyniques à l'égard de notre environnement. Des souris manipulées dans leur génome, transportées par la poste, des primates capturés et emprisonnés, toutes ces bêtes grandes ou petites, féroces ou fragiles sont sacrifiées sur l'autel de la science, transgénisées pour faciliter la recherche. Que dire de ce gène Terminator? Y a-t-il violence plus odieuse que celle-là?
Donc, faire de la science un objet investi par les jeunes demande une réflexion de fond très importante. Nous ne pouvons occulter l’impact de la science lâchée comme un prédateur nouveau sur des terres fraîchement conquises, et il faut bien se poser la question de la fin et des moyens.
La fin justifie les moyens et encore le risque zéro n’existe pas, comme immédiat attribut, ces expressions toutes faites ne sont-elles pas en fin de compte plus des questions que des arguments?
José Bové arrache des plans transgéniques issus de la recherche, c’est condamnable, quasiment de fait, pourquoi cela? Par le simple fait que la RECHERCHE tient du sacré? Parce que la violence qui impose les OGM, comme le fut le nucléaire, tient de l’inéluctable élan du progrès? Le citoyen a-t-il le droit de peser le pour et le contre sereinement?
La technologie est-elle à diaboliser? N’est-elle pas vraisemblablement le propre de l’homme?
Comment les Néandertaliens et les Aurignaciens ont-ils fait pour changer radicalement de manière de fabriquer des outils, abandonnant une façon de faire, une technologie donc, vieille de plus de 100'000 ans, chacun de son côté semble-t-il? Ce fut une véritable révolution, les outils se sont multipliés, leurs tranchants et leurs formes s'adaptant de mieux en mieux à des fonctions précises. L'invention de l'aiguille, il y a 13'000 ans au moins, étant sans doute le meilleur exemple.
Archimède avec ses catapultes, ses miroirs et autres bras de levier, Léonard de Vinci avec ses premiers blindés, ses armes à jets multiples, Einstein qui jouait du violon à ses heures tout en participant à ce qui a permis à la fabrication de la Bombe ou Newton dont les travaux sur la force, qui contraint tout ce qui monte à redescendre, ont permis l'apparition de la balistique, ou encore Darwin dont les travaux ont été détournés pour fabriquer la théorie raciste et l’eugénisme… tout ces hommes, parmi d'autres, ont cherché, fouillé, ont mis leur vie au service de l'invention et de la découverte. Mais peut-on garantir que les résultats de la recherche ne seront pas détournés à des fins violentes?
Les Petits Débrouillards font construire des catapultes aux enfants par une série d’observations et de déductions, l'objet s’inscrit donc dans une démarche de construction de savoir et de représentation. L’enfant est curieux, il est plein d’imagination, et sans doute qu’il inventera des jeux violents, sans objet apparent, mais très amusants et tout à fait excitants. C’est là qu’intervient l’adulte: il va lui fixer des limites et l’aider à effectuer le tri des activités acceptables ou non.
Alors que viennent faire les Petits Débrouillards au Village Alternatif? Amuser les enfants? Les parents? Faire de la garderie?
Un peu tout cela à la fois, avec toujours l'idée de faire réfléchir tout en s'amusant.
Le jeu est à la base de la plupart des apprentissages, aussi bien chez les petits d'hommes que d'animaux. Mais où commence la notion qui mène à une morale, à l'idée que la violence n'est qu'un ultime recours? Il ne s'agit en aucun cas de mettre entre les mains des enfants une arme quelconque avec un mode d'emploi et un code moral complètement désincarné, mais de faire jouer un enfant avec un objet qui évoque l'arme, qui permet l’apparition de fantasmes, le propre de ces choses étant de rester à l’état de représentation sans passage à l'acte, la morale et l’éthique, la société et le droit l’interdisant.
C'est bien le sujet du débat de cette édition du Village, non?

Christophe Moreau

  • Destination Sans-Papiers

L'exposition interactive Destination Sans-Papiers s'articule autour de la Nuit des clandestins, BD signée Ceppi et Christin, qui sert ici de support à l'imaginaire et à l'information.

Car ce n'est pas par hasard que des gens optent pour la «destination Sans-Papiers»! Il faut en effet de bonnes raisons pour quitter sa famille (et même souvent ses enfants), le soutien de ses amis, l'aisance de sa langue, l'odeur de son pays, la douceur de ses musiques préférées, tout cela pour rejoindre une vie précaire marquée par la peur du contrôle de police et de l'expulsion.

A travers l'exposition organisée par le Centre de Contact Suisse-Immigrés et le Collectif de soutien aux Sans-Papiers, le public est invité à s'interroger sur les causes de la migration, les conditions de départ, les risques (quelquefois mortels) du voyage, la situation des migrant-e-s dans notre pays.

Connaît-on, par exemple, un Sans-Papiers dans son entourage? Savons-nous si la personne qui fait le ménage dans nos bureaux, garde les enfants de la voisine, s'occupe de la personne âgée en face de chez nous, a pu s'établir légalement?

L'exposition présente aussi des lettres de Suisses immigrés aux Etats-Unis et en Chine au 19ème siècle, illustrant le fait que notre pays a longtemps été un pays d'émigration. On retrouve dans ces documents l'expression de sentiments qui rejoignent ceux des migrants d'aujourd'hui: efforts d'adaptation, découverte du nouvel environnement, besoin de maintenir un contact avec la famille restée au pays, curiosité par rapport à la vie politique dans le pays d'origine, moments de nostalgie, espoirs et projets, etc.
N'oublions pas qu'actuellement, près de 600'000 Suisses vivent à l'étranger!

L'exposition Destination Sans-Papiers tente de susciter un sentiment d'appartenance à la même communauté humaine, sans pour autant faire l'impasse sur les drames liés à la migration clandestine. Dans notre canton en effet, ce sont entre six et dix mille personnes qui vivent et travaillent sans aucune possibilité d'obtenir une autorisation de séjour.
Aujourd'hui, les Sans-Papiers sont condamnés à la discrétion. Mais qui sont-ils, où sont-ils, pourquoi viennent-ils, comment vivent-ils? Se poser ces questions, c'est déjà allumer un phare dans «la nuit des clandestins».

Marie Houriet
Centre de Contact Suisses-Immigrés

 

  • Contribution des professeurs de la Mutuelle d’Etudes Secondaires
    à la réflexion sur la question de«la Violence»

    Michel DUBRET
    Professeur de Français

    Il est courant aujourd’hui de voir médias et journaux s’étonner et s’indigner au sujet d’un certain nombre d’actes de violence caractérisés dont se rendent coupables dans leur environnement scolaire des enfants et des adolescents. La dénonciation de ces faits, dont la nature scandaleuse est montée en épingle, démontre une vision bien superficielle et stéréotypée de l’école qu’on tend ainsi à présenter comme une sorte de «sanctuaire profané», l’ultime refuge des valeurs «humanistes» de la démocratie soumis aux attaques d’une génération sans loi ni cervelle. Sur un autre registre que celui de la réaction émotionnelle, et qui prétend à l’analyse d’une situation sociale donnée, c’est notre civilisation du spectacle de la violence et de sa surenchère qui est mise en accusation. A ce stade l’appel à un retour à la sévérité tant civique que morale, s’il n’est pas toujours énoncé, sera tout naturellement induit dans l’esprit du lecteur ou du spectateur. Or, à y regarder de plus près, sans les œillères du lieu commun, c’est l’école elle-même qui est aussi violence dans le contexte actuel, même si celle-ci est davantage psychologique que physique (il fut un temps, guère lointain puisque je l’ai connu, où les deux se conjuguaient): ennui, compétition, stress, sélection, sentiment d’injustice, humiliation… En ce sens, la violence de l’adolescent à l’école est, à sa façon, une réponse absurde et primaire, au démenti opposé par la réalité à certains présupposés: égalité des chances face aux études, maîtrise relationnelle et infaillibilité de l’enseignant, équanimité et rigueur du jugement, etc. En définitive, l’école n’est que le reflet, plus ou moins conscient, plus ou moins honteux, plus ou moins arrangé, de la société qui la modèle à une époque déterminée, avec ses iniquités, ses avancées, ses illusions et ses utopies. Assurément, il y aurait, à ce propos, quelques leçons d’humilité à recevoir. Toutes les réformes de l’enseignement n’y feront rien, c’est l’école en tant qu’entité sociale qui doit être à sa racine repensée. Car aussi bien, par exemple, comment une institution dans laquelle oeuvrent une grande majorité d’anciens bons élèves pourrait-elle vraiment comprendre et aider ceux qu’elle désigne comme mauvais et qui n’ont, le plus souvent, besoin que de temps, de confiance et d’espoir?

Victoria TSCHUMI
Professeur de Philosophie

Un acte violent est un acte qui présuppose que l’agent (au moment d’agir) ne considère pas autrui comme une personne, mais comme un obstacle à contourner, à utiliser ou à bousculer.
Considérer autrui comme une personne, c’est considérer que nous avons des raisons de limiter la libre poursuite de certains de nos désirs, ceux, par exemple qui entravent la libre poursuite des désirs d’autrui.
Outre les droits des gens, la politesse constitue un rempart contre la violence, en ce sens qu’elle protège l’espace dans lequel nous ne sommes légitimés à pénétrer que si autrui nous y invite.
Agir de manière impolie revient donc déjà agir de manière violente.
Qu’il me soit permis ici de ne pas rappeler toutes les autres manifestations possibles de la violence, mais de faire remarquer que celles-ci sont, chez l’homme, très minoritaires par rapport aux milliers d’actes de politesse et de gentillesse dont il fait preuve au quotidien.

Gad BOREL
Professeur d’Histoire
Que seraient les cours d’Histoire sans la violence!
A quoi sert de condamner la violence quand on ne pense qu’à la force pour résoudre les conflits?
Parlons de guerre, osons parler des violences institutionnelles et autres. C’est le chemin nécessaire pour tenter de trouver la paix. L’histoire est là pour nous montrer la violence des «Grands de ce Monde», mais pourquoi faire comme eux? Y-a-t-il une fatalité? Apprendre et comprendre sont les clés pour nous donner une chance d’avoir un avenir.


Jean-Jacques LE TESTU
Professeur Art Plastique
La violence, ses origines, son histoire, sa faim
Mon cerveau qui a de l’esprit aspire à la paix.
Il commande à ma langue une tournée générale en mots d’amour
Mes dents qui détestent avoir à me mordre les doigts ne se desserrent pas
Dans ma bouche les mots gentils, entre soit, restent et
Font connaissance, enclos comme dans un filet
Par l’émail lui aussi très poli de mes dents
La violence c’est la faute à mes dents.

Au début, à l’origine il y avait la dent… et puis rien d’autre.
La vie c’est organisée autour d’elle, comme elle a pu avec du bonheur, plus ou moins de réussite…
Un jour, une de ses formes de vie organisée, plus observatrice que les autres remarqua que celle dont les dents était grande, était plus forte et méchante.
Elle se confectionna deux longues dents tranchantes, sa bouche étant trop petite elle les garda au extrémité de son corps, dans ces mains et fit très peur aux autres formes de vie organisées. Ainsi elle avait inventé l’homme. L’homme reconnaissant perfectionna la dent, pour retourner la terre, se protéger du froid, voler, marcher sur l’eau, rencontrer d’autres hommes. Il inventa un nombre considérable de forme de dents différentes pour satisfaire tous ses besoins, ceux à venir et ceux qu’ils ne connaissaient pas encore.
Et sous cette diversité de formes, il oublia la dent. La dent elle était toujours là.

Marie-Claude ZERBINI
Professeur de mathématiques
Les médias nous montrent quotidiennement la violence sous toutes ses formes, et nous, un peu miraculeusement nous semblons être dans une bulle de non-violence.

Apparence ou réalité?
Nous sommes certainement très privilégiés, mais pas non plus à l’abri de toutes violences. La violence verbale est celle qui nous atteint le plus fréquemment, et bien que victime nous souffrions de ces attaques, nous sommes presque tous capables un jour ou l’autre de nous laisser emporter à dire des choses violentes. Les dégâts occasionnés par des paroles sont moins visibles que ceux d’une bombe, mais nul ne conteste leurs existences.
La violence peut-elle avoir des effets bénéfiques?
Occasionnellement, lors d’une catastrophe il peut apparaître un côté positif, ceci ne supprime pas les effets négatifs. Ainsi la violence ne nous paraît pas justifiable, même si les exemples de succès qui lui sont imputés abondent.
Ainsi, il faudrait essayer le principe de la boule de neige, pour étendre notre lieu protégé le plus possible. Il est toujours permis de rêver!

Nicole MARECHAL
Professeur d’Allemand
Abus de douceur
Dévoile
La violence.

Fouad RHOUMA
Professeur d’Anthropologie
Une démondialisation de la violence par le commerce équitable.
L’esclavage aurait pu être une antique manifestation de la violence. Pourtant, aujourd’hui il frappe encore un pan de notre humanité. La compétitivité économique et la maximalisation des profits sans tabous, qui sous-tendent la production et la distribution de certains biens, localement ou mondialement échangés, se traduisent violemment par l’exploitation de la main-d’œuvre féminine et infantile dans bon nombre de pays du Sud.
Au sein de notre école, et à travers le vécu des élèves, ce constat a fait l’objet d’une réflexion conduite parallèlement à une étude de terrain (travail en cours) qui porte sur le commerce équitable comme un mode de traitement de l’altérité. Cet objet d’étude discute entre autres les opportunités du savoir anthropologique, pour explorer notre modernité et certaines de ces incohérences.
Fut ainsi échafaudé une problématique qui conjuguent une exploration de la violence à l’encontre des plus démunis et une conscience de notre responsabilité d’action civique:
- Quels types de rationalités gouvernent mon pouvoir de consommateur et de citoyen?
- Comment traduire ces derniers au regard de cette violence globalisée que subissent des millions d’enfants assujettis au travail forcé?
- Avec ou sans conscience, s’habiller ou consommer des produits issus de ce réseau esclavagiste, suis-je aussi responsable de cette violence?
- Privilégier les impératifs d’un développement durable (Social-Economie-Environnement) favorisent-ils une démondialisation non-violente et respectueuse de la dignité humaine dans sa diversité?

Benoît DE KIMPE
Professeur Art Plastique

Le Chasse-fesses Le grille-mouche
L’abat-cœur Le brise-pain
Le perce-jarret Le coupe-monsieur Le tue-nique Le casse-oreille
Le crève-jour Le tire-croûte Le croque-glace Le pic-neige


 
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